CBG : qu’est-ce que le Cannabigérol ?

Si l’on commence à bien connaître le CBD et le THC, on sait moins qu’il existe un grand nombre de composants – les cannabinoïdes – dans le plant de chanvre, moins abondants mais tout aussi intéressants. Parmi ces molécules, le cannabigérol (CBG) attire depuis plusieurs années l’attention des chercheurs en raison de ses bénéfices présumés : en tant que « mère des cannabinoïdes », le CBG pourrait ainsi avoir des effets sensiblement plus marqués que ses congénères. Néanmoins, la faible quantité de cannabigérol dans le plant de chanvre naturel (moins de 1 %) en fait un composant difficile à produire, et donc difficile d’accès. Voyons plus précisément de quoi il s’agit et quels sont ses effets positifs présumés.

Qu’est-ce que le CBG ?

Pour comprendre les liaisons qui existent entre les différents cannabinoïdes présents dans le cannabis (les « phytocannabinoïdes », en opposition aux « endocannabinoïdes » produits par l’organisme), il faut imaginer un arbre généalogique. Au sommet de cet arbre, il y a l’acide cannabigérolique (CBGA), le précurseur des trois branches principales de cannabinoïdes : THC, CBD et CBC. C’est, en somme, le premier des phytocannabinoïdes générés par le plant de chanvre, la « mère » de la famille, le composant à partir duquel les autres sont synthétisés.

Cette position unique dans l’arborescence des cannabinoïdes entoure le CBG d’une certaine aura thérapeutique, et en fait l’objet d’un intérêt grandissant de la part de la communauté scientifique depuis sa découverte dans les années 60. En effet, compte tenu des bénéfices prêtés aux cannabinoïdes les plus abondants, notamment le cannabidiol (vendu en grande partie sous forme d’huiles de CBD) et le tétrahydrocannabinol (considéré comme un stupéfiant dans de nombreux pays en raison de ses effets psychotropes, donc illégal), il est logique de penser que leur précurseur est susceptible de produire des effets plus puissants encore – comme s’il s’agissait d’un « concentré » de tous les autres composants.

Comment agit le cannabigérol sur l’organisme ?

Ce composant est-il à la hauteur de ses promesses ? Pour répondre à cette question, il faut comprendre comment agissent les cannabinoïdes de façon plus globale. Ces molécules, une fois ingérées, « imitent » les composés fabriqués naturellement par l’organisme par le biais du système endocannabinoïde – un vaste réseau de récepteurs disséminés dans l’ensemble du corps.

Ces récepteurs (CB1 et CB2) jouent un rôle dans la régulation d’un certain nombre de processus organiques et hormonaux : métabolisme, humeur, appétit, mais aussi réponse à la douleur et aux processus inflammatoires. Lorsque les cannabinoïdes interagissent avec ces récepteurs, ils induisent une réponse spécifique qui, elle-même, produit des changements physiologiques.

C’est ce qui explique les « bénéfices thérapeutiques » constatés par les consommateurs de THC et de CBD dans la prise en charge de diverses pathologies (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, épilepsie, fibromyalgie, arthrose, psoriasis…) et de multiples états (anxiété, dépression, troubles du sommeil, réduction de l’appétit, nausées…). Ces bénéfices, bien que théoriques, sont néanmoins validés par l’usage du cannabis thérapeutique dans un nombre grandissant d’États, et par la mise au point de médicaments à base de cannabinoïdes comme le Sativex.

À ce stade, on sait que le CBG agit exactement de la même façon que le CBD ou le THC, en entrant en contact avec les récepteurs du système endocannabinoïde et en induisant une réponse spécifique. Ses effets présumés seraient donc similaires. Qu’en est-il dans les faits ?

Que dit la recherche à propos du CBG ?

Il est nécessaire de préciser que la recherche n’en est qu’à ses balbutiements. Les travaux concernant le CBG sont peu nombreux, et les seuls composants du chanvre qui font l’objet d’études circonstanciées sont le THC et le CBD. Néanmoins, on peut tirer plusieurs enseignements des études existantes – exclusivement précliniques.

  • Le CBG aurait un effet neuroprotecteur. C’est ce que suggère une étude de 2015 publiée dans le Journal of the American Society for Experimental NeuroTherapeutics qui analyse les effets du cannabigérol sur des souris auxquelles on a inoculé la maladie de Huntington. Résultat : le CBG soulagerait différents symptômes relatifs à cette pathologie, sans que l’on comprenne bien son rôle dans ce processus. Cela pourrait induire un effet plus global du CBG sur les maladies neurodégénératives comme Parkinson ou Alzheimer.
  • Le CBG agirait contre l’inflammation. Une étude datée de 2013 s’est intéressée au potentiel du cannabigérol dans le soulagement des patients atteints du syndrome de l’intestin irritable. L’expérience a été menée sur des souris auxquelles on a induit des troubles intestinaux inflammatoires, et dont les colites ont été atténuées par la prise de CBG. L’étude se conclut en recommandant la réalisation de tests cliniques.
  • Le CBG soulagerait les douleurs persistantes. Un compte rendu d’études publié en 2008 à propos de l’emploi de phytocannabinoïdes pour soulager les douleurs résistantes aux traitements classiques laisse entendre que le cannabigérol aurait un potentiel analgésique supérieur à celui du THC. Une suggestion qui, à ce jour, n’a pas fait l’objet d’un approfondissement.
  • Le CBG serait capable de combattre des agents pathogènes résistants. Une étude de 2015 souligne le rôle positif du cannabigérol dans le traitement de bactéries résistantes aux médicaments, notamment le Staphylocoque doré. Si l’on en croit les résultats obtenus, son efficacité serait supérieure à celles des antibiotiques.
  • Le CBG pourrait ralentir le développement de certains cancers. Une étude israélienne a mis en évidence la stagnation des cellules cancéreuses du côlon en réaction à des prises répétées de cannabigérol (les tests ont été menés sur des souris). De sorte que la consommation de CBG aurait potentiellement pour effet de ralentir la progression de la maladie.

Nous n’avons cité que les principales études. D’autres se sont intéressées aux effets du CBG dans le traitement du glaucome (la molécule serait capable de réduire la pression intraoculaire) ou dans l’inhibition des contractions musculaires (notamment celles de la vessie).

Faut-il se jeter sur les produits à base de CBG ?

Ces bénéfices présumés du cannabigérol sont vecteurs d’espoir pour les malades atteints de diverses pathologies, et attirent de plus en plus l’attention sur les produits fabriqués à partir de cette molécule.

Or, de par sa rareté, le cannabigérol pose un problème concret. Dans la plupart des variétés de cannabis, le CBGA est immédiatement transformé en THC et en CBD, ce qui laisse peu de place au CBG. On estime qu’au moment de la récolte, le plant de chanvre mature affiche une teneur en cannabigérol inférieure à 1 %. La conséquence, c’est qu’il faut extraire des quantités bien plus importantes de biomasse pour isoler de petites quantités de CBG, ce qui explique le prix élevé des produits existants. À ce titre, on qualifie parfois le cannabigérol de « Rolls Royce des cannabinoïdes ».

À ce jour, il existe deux processus permettant d’augmenter la quantité de cannabigérol récoltée :

  • La production de variétés synthétiques de chanvre affichant une plus forte teneur en CBG dans le plant mature, comme on le fait déjà pour le CBD (on parvient ainsi à atteindre 10 % de cannabigérol).
  • La récolte du chanvre plus tôt dans le cycle de développement de la plante, au moment où la quantité de CBG est plus importante – sans que sa teneur dépasse 5 %.

Pour toutes ces raisons – rareté du composant, manque d’études – le CBG n’apparaît pas encore sur les radars de la population. Celle-ci a déjà fort à faire avec les cannabinoïdes les plus abondants et les plus courants.

En attendant que le cannabigérol se démocratise, mieux vaut s’orienter vers des produits à base de CBD – qui ont le mérite de ne pas générer d’effets indésirables tout en apportant des bienfaits potentiels notables, notamment quand ils sont consommés sous forme d’huile. L’important étant de privilégier des produits de qualité, fabriqués à partir de plants de chanvre biologiques, et achetés auprès de revendeurs qualifiés.

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