CBD Endométriose : le cannabidiol peut-il soulager les symptômes de cette maladie méconnue ?

L’endométriose est une maladie dite « silencieuse », car ses symptômes sont ignorés pendant de nombreuses années. Mais ce n’est pas une pathologie anodine : elle se matérialise par une longue liste de symptômes, parmi lesquels des douleurs chroniques difficiles à supporter. Cette maladie gynécologique complexe toucherait environ 10 % des femmes en âge de procréer, selon l’Association française de lutte contre l’endométriose – un chiffre qui ne tient compte que des patientes diagnostiquées. Au-delà des traitements classiques à base d’antalgiques et d’anti-inflammatoires, de plus en plus de femmes atteintes optent pour des alternatives comme le cannabidiol pour soulager leurs douleurs. Quels sont précisément les effets du CBD sur l’endométriose ? Cette molécule représente-t-elle vraiment un espoir pour les malades ? Faisons le point.

Le cannabidiol et ses « usages thérapeutiques »

Depuis plusieurs années, le cannabidiol – l’une des substances actives du plant de chanvre, au même titre que le tétrahydrocannabinol (THC) – est observé de près pour ses éventuels effets positifs sur les douleurs relatives à plusieurs pathologies. Le CBD pourrait ainsi jouer le rôle d’alternative « naturelle » aux médicaments dans le traitement symptomatique des douleurs pelviennes en général, et de l’endométriose en particulier. Pour autant, à défaut de pouvoir s’appuyer sur des études scientifiques, il est nécessaire d’utiliser les guillemets lorsqu’on parle des « usages thérapeutiques » du cannabidiol. C’est vrai pour le CBD et l’endométriose, mais aussi pour toutes les pathologies.

Huiles de CBD

Dans le cadre des douleurs pelviennes, le cannabidiol est surtout utilisé sous forme d’huile. Celle-ci peut être absorbée ou appliquée directement sur la zone douloureuse. Dans un cas comme dans l’autre, il est essentiel de choisir des huiles de CBD de qualité vendues par des professionnels aguerris comme CBD Corner.

Comprendre l’endométriose, cette maladie complexe

Avant de parler des rapports entre le CBD et l’endométriose, il est nécessaire de comprendre cette maladie complexe. L’endomètre désigne le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des œstrogènes, l’endomètre s’épaissit (en vue d’une potentielle grossesse), avant de se désagréger et de saigner : ce sont les menstruations. Selon la théorie du reflux menstruel, des cellules migrent via les trompes pour se disperser dans l’abdomen, et sont alors détruites par le système immunitaire.

On parle d’endométriose lorsque l’organisme échoue à détruire ces cellules et que le tissu endométrial commence à coloniser les organes proches – ovaires, rectum, vessie, intestin, etc. – créant une réaction inflammatoire chronique, et provoquant des lésions, des adhérences et des kystes ovariens.

Mal connue, cette pathologie est prise en charge assez tard : le diagnostic moyen intervient au bout de 7 ans, période pendant laquelle le tissu invasif a le temps de causer des dommages notables. Les symptômes principaux (la douleur, surtout) ne sont pas suffisamment pris au sérieux par les médecins, qui tardent à dépister les patientes.

La variété des cas contribue à la complexité du diagnostic : dans un tiers des cas, la maladie ne se développe pas, voire régresse de façon spontanée (ou à la suite d’un traitement). Dans les autres cas, elle évolue vers des formes sévères, avec un taux de récidive élevé même en cas d’élimination des lésions par chirurgie. On distingue ainsi trois « degrés » dans l’endométriose : elle peut être superficielle, ovarienne ou profonde. Elle disparaît généralement après la ménopause.

Endométriose : des symptômes éprouvants

L’endométriose provoque des symptômes multiples et variables d’une femme à l’autre. Le plus courant reste la douleur, qui concerne entre 50 et 90 % des malades : douleurs menstruelles, pelviennes, abdominales, pendant les rapports sexuels, en allant à la selle, en urinant… Des douleurs invalidantes qui peuvent entraîner une incapacité partielle ou totale durant plusieurs jours. Les autres symptômes courants sont les nausées, la fatigue, les troubles digestifs et urinaires. La maladie peut également entraîner l’infertilité. En somme, elle est éprouvante tant sur le plan physique que psychologique, et peut générer anxiété, stress, dépression.

Les traitements proposés sont exclusivement symptomatiques : il s’agit de soulager les douleurs avec des antalgiques puissants ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Dans les formes sévères, on peut avoir recours à l’hormonothérapie ou à la chirurgie pour endiguer l’évolution de la maladie (mais pas la stopper). C’est ici que les liens entre CBD et endométriose se font jour, en raison des effets positifs prêtés au cannabidiol dans le soulagement des douleurs, en complément (ou en remplacement) des médicaments.

CBD et endométriose : la promesse d’un traitement alternatif

Pour bien comprendre les liens entre CBD et endométriose, il faut tenir compte de deux approches complémentaires : d’une part, les études médicales ; d’autre part, les études a posteriori qui s’appuient sur l’expérience des patientes.

Les effets du CBD sur l’endométriose font l’objet de tests précliniques (exclusivement sur des animaux) depuis quelques années. Un bon exemple, basé sur l’utilisation de THC, est donné par une étude espagnole rapportée sur cette page. Des tests ont été menés sur des souris chez lesquelles les chercheurs ont reproduit les effets de l’endométriose. Résultat : le traitement a immédiatement soulagé les douleurs abdominales, et même limité le développement du tissu invasif. Le fait que les chercheurs aient employé du THC pour cette étude laisse à penser que le CBD donnerait des résultats équivalents au moins en ce qui concerne la réduction des douleurs, sans les effets secondaires généralement attribués à la molécule psychoactive.

En parallèle, plusieurs études se sont intéressées au rôle du système endocannabinoïde dans le développement de l’endométriose. De fait, les liens entre les deux ont été démontrés scientifiquement, par des études menées en 2010 et en 2017. La première se concluait ainsi : « [Le résultat de l’étude] suggère que le système endocannabinoïde est impliqué à la fois dans l’endométriose et dans les douleurs associées », même si le mécanisme exact n’est pas bien compris. Ces conclusions donnent une idée des effets potentiels du CBD sur l’endométriose : en activant les récepteurs endocannabinoïdes de la région pelvienne, il serait possible d’agir a minima sur les douleurs générées par cette pathologie.

Un constat théorique que les témoignages tendent à confirmer. Plusieurs enquêtes montrent ainsi que « l’usage du cannabis médical et du CBD parmi les femmes souffrant d’endométriose est courant » et que « la majorité des femmes qui ont essayé ces substances constatent un effet allant de modéré à notable sur les douleurs pelviennes » (extraits de ce compte rendu). Les résultats d’une enquête présentée lors du Congrès de l’Association américaine des chirurgiens laparoscopiques (AAGL) qui s’est tenu à Vancouver en 2019, menée sur deux groupes de patientes, renforcent cette présomption d’efficacité du CBD sur l’endométriose. Sur les 240 patientes du premier groupe, 30 % ont révélé avoir essayé le cannabidiol, avec une amélioration constatée par la moitié d’entre elles. Sur les 124 patientes du second groupe, 50 % ont pris du CBD, et 65 % d’entre elles ont constaté une diminution des douleurs. (L’enquête est détaillée dans cet article.)

Conclusion : du CBD pour soulager les douleurs de l’endométriose

Études et témoignages ne « prouvent » pas l’effet du CBD sur l’endométriose, mais viennent renforcer la connaissance empirique relative à l’utilisation du cannabidiol dans le soulagement des douleurs chroniques de toutes origines. Le CBD est en effet régulièrement employé pour diminuer les douleurs générées par la sclérose en plaques et la fibromyalgie, mais aussi pour agir contre les processus inflammatoires, les nausées, les maux de tête, l’anxiété, la fatigue, etc.

Pour conclure sur les liens entre CBD et endométriose, disons que le cannabidiol peut au mieux avoir un effet positif sur les symptômes de la maladie, mais qu’il ne constitue en aucun cas une solution curative – du moins, dans l’état actuel de nos connaissances. La progression de la maladie doit être surveillée avec soin, et les différentes options (traitement hormonal, ménopause artificielle ou chirurgie) doivent faire l’objet d’échanges avec le gynécologue.

En attendant, et bien qu’il n’y ait pas d’ « effet miracle » du CBD sur l’endométriose, cette molécule, consommée sous forme d’huile ou autre, peut contribuer à améliorer sensiblement la qualité de vie.